Alain Geneste

Notre ami Alain Geneste a quitté ce monde ce matin du 3 avril à l’âge de 65 ans.


Depuis peu de temps nous le savions malade mais, d’après ce que j’avais compris par son frère Michel début mars à l’expo des reptiles du club de Vichy, il désirait rester dans l’anonymat le plus complet, nous ne savions même pas où il était finalement.
Alain fut le véritable pilier du club aquariophile de Vichy, ville dans laquelle nous avons fait tant de congrès ainsi que de nombreuses manifestations, etc. (avec son emplacement si idéal au milieu de notre pays).
Il avait en outre, ce don inné pour l’organisation. Le club lui doit énormément depuis de très longues années et il en était encore le trésorier. Avec ses compagnons, il avait construit la plus grande partie des bacs de nos congrès. Il était capable de coller un aquarium à une vitesse qui m’a toujours vraiment étonné. Il y avait tellement d’aquariums qu’il avait trouvé une immense grange dans laquelle nous pouvions en stoker la plus grande partie. Je me souviens des jours de préparation des congrès avec le saucissonnage de 10 heures, comme la vie était belle…. Et il fut l’ingénieux inventeur du système de chauffage des aquariums de nos bourses : Réservoirs comportant un chauffage important munis d’une sonde, pompe et circulation d’eau sous le bac. Ce génial système évitait le chauffage individuel des bacs, fastidieux et surtout très dangereux. J’ai même su que cette technique était utilisée hors nos frontières. Il était très avenant et je me rappelle que lui et moi avions l’habitude de nous taquiner sur les problèmes les plus divers. Artisan électricien, lors de notre arrivée dans l’Allier, je l’avais évidemment choisi pour refaire l’électricité de notre cuisine et je me souviens des discussions si intéressantes sur ses méthodes pour une aquariophilie plus rationnelle. Tous les ans quand nous verrons ses aquariums à nos chers congrès, nous penserons obligatoirement à lui.
L’AFC et le Club de Vichy lui doivent énormément.
Notre AFC, ses responsables et son président adressent à sa famille, à
ses nombreux amis ses plus vives condoléances.


Jean-Pierre Hacard

Revue d’avril 2019

Ce mois-ci c’est sur le Rio Mataven que nous découvrirons les plus gros monstres de notre famille préférée….

Pris par le temps nous n’avons pas plus glisser cette petite note dans votre revue d’avril mais voici un petit complément à l’article de Christophe Girardet. 
Notre ami pécheur s’intéresse évidement aux gros poissons et il parle donc de trois morphes de Cichla temensis. Ce faisant il oublie une forme de coloration qui concerne un peu plus les aquariophiles vu la taille des spécimens concernés :  celle  des juvéniles. Dans l’ouvrage  « la Guyane française et ces cichlidés » nous décrivions  les juvéniles comme suit : 

« Les juvéniles arborent également une bande latérale sombre, comme chez les Crenicichla, qui s’entend soit de la tête à l’ocelle caudale ou uniquement de la troisième tache à l’ocelle caudale (bande latérale abrégée).

Cette différence de coloration juvénile permet de définir deux groupes d’espèces : –

  • le groupe ocellaris avec la bande latérale abrégée, proportionnellement plus haut de corps et perdant la coloration juvénile à une taille inférieure (en deçà de 10 cm)
  • le groupe temensis avec la bande latérale complète, plus élancé et qui perdent la coloration juvénile à une taille plus importante (au-delà de 10-15 cm). »

Voici donc une photo d’un juvénile  Cichla temensis (ou du moins du groupe temensis



et pour comparaison une photo d’un juvénile de Cichla cf. monoculus (ou du moins du groupe ocellaris

(deux photos : Clinton & Charles Robertson  (CC BY 2.0)


Au delà de 10 cm la coloration de Cichla temensis change et viennent les trois morphes évoqués par Christophe.les poissons appelés  « tucunaré paca »  sont ornés de points blancs plus ou moins arrangés en lignes et leur nom vient de la ressemblance avec le paca ( Cuniculus paca), un mammifère rongeur sud américain bien connu. Les poissons sont des subadultes. 

Photo Yann Fulliquet

Ensuite, en plus des taches blanches, les trois bandes verticales caractéristiques apparaissent. A ce stade intermédiaire les poissons sont appelés « tucunaré paca açu » et pour finir lorsque les individus sont vraiment grands, adultes, dominants et/ou en période de reproduction alors les points blancs disparaissent et on parle de « tucunaré açu » ( « açu » est un terme tupi-guarani qui selon les informations glanées signifie grand) 
Pour conclure « tucunaré » est souvent compris comme « l’ami des arbres » composé à partir des mots tupi :  « tucun » (arbre) et « aré » (ami). En fait  il pourrait s’agir de « tucum » une espèce précise de palmier épineux (Bactris setosa) et le mot ami serait alors utilisé dans le sens « qui ressemble à » , en référence à la dorsale aux épines acérées de ces cichlidés, alors que la première traduction ferait référence à une prétendue préférence d’habitat. La seconde explication me semble plus logique mais cela mérite plus de recherche.

Florent de Gasperis

Rédacteur en chef de la RFC

Altolamprologus

Le Genre Altolamprologus

Décrit par Max Poll en 1978

Caractérisé par une hauteur de corps proportionnellement plus important que chez beaucoup d’autres cichlidés. Le genre compte actuellement deux espèces décrites et une non-décrite : Altolamprologus calvus, Altolamprologus compressiceps, Altolamprologus sp. compressiceps “shell”.
A noter que l’espèce
fasciatus souvent considérée dans le genre est décrite dans le genre Lamprologus


Altolamprologus calvus

Quatre variétés locales sont reconnues :
• Le “white” de Zambie, récolté aux alentours du cap Chaitika (sous divers noms de localités).
• Le “gold” de la baie de Nkamba.
• Le “black”, récolté à partir de la zone de Ndole jusqu’à Tembwe II au Congo (R.D.C.)
• Le “black pectoral”.

Espèce dont le profil est moins obtus que son cousin A. compressiceps, il est prédateur de proximité et attaque ses proies (petits alevins, et crustacés) de très près + ou – 10 cm.
Il a visiblement la possibilité de capter les mouvements dans une petite épaisseur de sable.
Un grand mâle peut approcher les 15 cm en aquarium, une grande femelle ne dépassera pas les 8/9 cm. un volume minimum de 300 litres pour un couple est recommandé. La ponte a lieu dans une anfractuosité de la roche, ou à défaut de cavité adéquate, dans une coquille de mollusque (rapport avec la taille de la femelle).


Altolamprologus compressiceps

Quatre variétés chromatique sont reconnues :
• Le “normal”
• Le “gold”
• Le “golden head”
• Le “red fin”

Biologie et comportement similaires à son cousin le calvus, c’est également un prédateur d’alevins de tailles généralement petites à moyennes. Poisson solitaire, il lui faut de l’espace et des roches. Sa croissance est lente, voir très lente, selon la qualité de nourriture qui lui est distribuée.

Sa répartition s’étend sur la quasi totalité du lac.


Altolamprologus sp. “compressiceps shell”

Biologie et comportement similaires à son cousin le compressiceps, cette espèce, que l’on retrouve dans quelques localités reconnues, telles Sumbu, et Nangu en Zambie. Ils sont conchylicoles, d’où l’appellation “shell” (coquille en anglais).

Une variété naine est répertoriée dans le nord Congo à Pemba, cette espèce est naine, mais est pétricole.

Encore des nouveautés chez les cichlidés sud américains.

Deux nouvelles espèces et un peu de lumière sur un genre mal connu.

cichlidé d'amérique du sud Gymnogeophagus

La première publication concerne le genre Australoheros , un genre peu maintenu chez les cichlidophiles, décrit récemment, déjà riche de 30 espèces mais compliqué d’un point de vue taxinomique y compris par les spécialistes. Willem Heins nous a parlé de ces poissons dans un article publié en deux parties dans la RFC (n° 333 et 334) . Il commente notamment la validité des nombreuses espèces décrites du sud du Brésil aux alentours de Rio de Janeiro dans la dernière décennie. La nouvelle publication propose la mise en synonymie de nombreuses espèces et ce qui est intéressant c’est qu’elle est signée des descripteurs de ces espèces. 
A réserver pour les amateurs de casse tête ! Elle est disponible en ligne à cette adresse : Phylogeny and species delimitation based on molecular approaches on the species of the Australoheros autrani group
 
Le sud du continent est encore à l’honneur car un Gymnogeophagus d’Argentine vient d’être décrit. Il s’agit de Gymnogeophgaus jaryi , un incubateur buccal du groupe gymnogenys, apparenté à G. australis et à G. caaguazuensis. Il est largement réparti dans les affluents sud du moyen Rio Parana et notamment dans le Rio Cuña Pirú, la localité type. Il était d’ailleurs connue sous le nom de G. sp. << Cuña Pirú >>
La description est disponible en ligne à cette adresse : https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0210166
et d’autres photos sont disponibles à celle-ci : 
 
La dernière description ravira les amateurs de cichlidés nains. La forme d’Apistogramma de l’Orénoque appelée Apistogramma cf. diplotaenia ou Apistogramma A 129 est désormais décrite comme une espèce a part entière. Elle a été baptisée Apistogramma psammophila en référence à son comportement qu’elle partage d’ailleurs avec son espèces sœur. 
Encore une fois la publication est disponible en ligne : 
 
Florent de Gasperis

Revue de février 2019

La revue de Février est maintenant arrivée dans vos boîtes aux lettres. C’est en Tanzanie que vous ferez l’essentiel des découvertes ce mois ci. Mais vous trouverez aussi le détail de la nouvelle description dans le genre Gymnogeophagus (ici) ainsi qu’une fiche sur un classique du lac Malawi, Nimbochromis venustus

VIDEO DE L’article de Hans Van Heusden

Nouveauté: Gymnogeophagus peliochelynion récemment décrit

Gymnogeophagus peliochelynion , une espèce uruguayenne incubatrice buccale aux lèvres hypertrophiées nouvellement décrite.

Gymnogeophagus peliochelynion

Spécimen Mâle de Gymnogeophagus peliochelynion Photo: Uwe Werner

Gymnogeophagus peliochelynion (femelle et alevins)

Lâcher d’alevins en aquarium Photo: Uwe Werner

Cette espèce originaire du Rio Arapey Grande, un affluent du bas Uruguay, vient s’ajouter à la liste déjà longue des Gymnogeophagus décrits récemment (9 depuis 10 ans) . Elle était déjà connue des aquariophiles grâce au travail du regretté Felipe Cantera qui proposait des voyages naturalistes en Uruguay. Il appelait cette espèce Gymnogeophagus sp. « blue lips », en référence aux lèvres hypertrophiées de couleur bleu de l’espèce (visible notamment chez les mâles dominants) . C’est d’ailleurs à ces lèvres que fait référence le nom scientifique (du grec  pelios = noir et bleu + chelyne = lèvre).  Elle est maintenue en Europe comme l’atteste une des photos transmise par Uwe Werner pour illustrer cet article. La maintenance est très probablement similaire à celle des autres espèces du groupe gymnogenys et nécessite donc de réaliser des variations saisonnières de température. La distinction avec les espèces les plus proches (G. pseudolabiatus et G. mekinos) se fait principalement sur la coloration de la bosse des mâles adultes, entièrement noire chez la nouvelle espèce contre jaune et noire chez les deux autres, ainsi que par la forme des lèvres. A noter quand dans deux autres affluents de l’Uruguay situés juste en aval du Rio Arapey Grande se trouve des populations sans les lèvres hypertrophiées mais avec la bosse noire qui pourraient être attribués à G. peilochelynion et nommé G. cf. peilochelynion dans la description (en libre accès voir lien ci-dessous) 

Florent de Gasperis

 

Références : Turcati, Andréia & W.S. Serra Alanis, L.R. Malabarba. 2018. “A new mouth brooder species of Gymnogeophagus with hypertrophied lips (Cichliformes: Cichlidae)”. Neotropical Ichthyology. v. 16(n. 4), pp. Epub   http://www.scielo.br/pdf/ni/v16n4/1982-0224-ni-16-04-e180118.pdf
Résumé : Une nouvelle espèce incubatrice buccale de Gymnogeophgaus est décrite d’un affluent du rio Uruguay. Elle est distinguée de la plupart des espèces du genre par la présence de lèvres hypertrophiées, et de G. labiatus et G. pseudolabiatus par le patron de coloration. La présence d’espèces allopatriques successives du clade Gymnogeophagus gymnogenys habitant les affluents du río Uruguay est discutée. 
Mots clés : Distribution ; Endémisme; Clade Gymnogeophagus gymnogenys ; Nouvelle espèce; Río Uruguay

Revue de Janvier 2019

Neolamprologus sexfasciatus cichlidé du lac tanganyika

Vous pourrez découvrir quelques images de Neolamprologus sexfasciatus dans  la vidéo de African diving ltd : « Lake Tanganyika Cichlids in the Wild »  avec des sous titres en français


Les images de Hemichromis exsul dans son milieu naturel sont disponibles sur cette vidéo, il s’agit des poissons les plus sombres

voici aussi un lien vers l’article de Fabien sur Mesonauta guyanae :ici